22 mai 2018

Séjour orientation à Grenoble

Pour la quatrième année consécutive, Mme Miquel proviseur adjoint du Lycée Jean Giono et PRIO (Personnel Ressource en Information et Orientation) de l’établissement mettait au programme de l’année scolaire 2016/2017 le désormais traditionnel séjour orientation. S’adressant aux élèves de terminale, ce séjour a pour but de finaliser les différentes étapes d’un parcours dénommé parcours avenir au cours duquel les élèves construisent leur projet d’orientation à travers la connaissance de soi au Collège et la connaissance des métiers et des formations au Lycée. Retour en mots et en images sur les moments forts de ce séjour.

INRIA, Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique

Jour 1. Départ mercredi matin sous un soleil radieux. Un froid polaire vient de s’installer des deux côtés des Alpes. Nous sommes attendus à l’INRIA de Grenoble en début d’après-midi. A peine arrivé Julyan Arbel nous ouvre les portes et nous propose une visite de deux heures, minutée, structurée et passionnante. 14h/14h30, les missions de cet institut national de recherche : faire progresser le pays dans les sciences de l’informatique et de l’automatique. Ses acteurs, inventeurs d’un monde numérique, sont chargés d’assurer le transfert de technologie vers l’industrie. Comment ? Julyan a pensé à tout. 14h30/15h, nous entrons dans une salle immense, verte et éclairée de mille feux, à l’intérieur de laquelle 64 caméras, habilement disposées permettent à une équipe de chercheurs passionnés de capter des images 4D. Par exemple, la marche d’un seul soldat romain, filmée sur fond vert dans cette salle, dupliquée 4000 fois et insérée numériquement dans un décor montagneux et hostile, permet de recréer une scène qu’aucun réalisateur de film n’oserait proposer à son producteur : la traversée des Alpes par l’armée romaine. Résultat bluffant.. 15h/15h30, nous revenons en amphi et écoutons Julyan Arbel nous expliquer comment l’approche probabiliste bayésienne, son domaine de recherche, intervient dans les problématiques liées à la cryptographie. Retour pour cela sur la seconde guerre mondiale, sur la nécessité pour les forces de la coalition de déchiffrer les codes de communications militaires allemands, sur le travail de fond d’un certain Alan Turing et sur la naissance du premier ordinateur capable de faire cela dans des temps acceptables. Histoire, avec un grand H, captivante.. 15h30/16h, nous entrons dans un garage dans lequel une voiture blanche équipée de drôle d’yeux a appris à conduire toute seule, évaluant à tout moment les risques d’impact et modifiant en conséquence vitesse et trajectoire. L’approche probabiliste bayésienne est à nouveau citée puisque l’idée de fond sur laquelle travaille les équipes de ce laboratoire est de faire en sorte que cet(te) auto(mate) sorte progressivement d’une logique binaire (obstacle=arrêt) pour rentrer intelligemment dans une logique d’estimation (obstacle=arrêt si et seulement si l’arrêt est nécessaire). Nuance enthousiasmante..

Musée de Grenoble, campus universitaire et salon de l’étudiant

Jours 2 et 3. Réveil jeudi matin sous un soleil radieux. Le froid polaire est toujours là. Nous sommes attendus au Musée de Grenoble. Une exposition temporaire consacrée à la dernière décennie de la vie de Vassily Kandinsky est proposée. Un guide, unique dans son approche et généreux dans son rapport au groupe, nous explique tout. Les « années parisiennes » sont celles au cours desquelles l’artiste, portant un intérêt accru pour les sciences, développe un style original fait de vocabulaire géométrique, de tracés aléatoires et ondulants, de motifs bio morphes issus de l’univers des cellules et de l’embryologie. Buvant les paroles du guide, nous rentrons avec délices dans l’univers de l’artiste. Rencontre surprenante… L’orientation dans tout cela ? Nous y sommes.. Accueillis en début d’après-midi par les conseillères du pôle orientation et insertion professionnelle de l’université Grenoble Alpes, nous comprenons dans les moindres détails comment est structurée l’offre formative de ce campus. Un campus que nous découvrons également, pris par la main par deux étudiantes de deuxième année, à travers la visite de l’une des quatre bibliothèques universitaires, d’un amphithéâtre et de la maison des associations. Visites très intéressantes.. Le lendemain, nous passons la matinée au salon de l’étudiant. Des stands, des étudiants bien entendu, des professeurs et des écoles. Certaines publiques, d’autres privées, quelques-unes « prépas », quelques autres « d’ingénieurs », d’autres encore « en alternance », souvent françaises, parfois étrangères.. Une forte concentration, dans un même lieu, d’informations à prendre ou à laisser, de discussions à mener et d’idées à ramener ou au contraire à archiver lorsqu’on se rend compte de s’être trompé. Autant d’occasions pour nos vingt élèves de terminale de franchir quelques pas supplémentaires dans la construction de leur projet d’orientation. Etape, pour certains, déterminante..

Un séjour riche, complet et réussi

Au retour de ce séjour orientation à Grenoble, nous avons le sentiment du devoir accompli, ayant offert aux élèves un séjour complet, sur le plan scientifique, artistique et de l’éducation à l’orientation. Nous passons sous silence dans ce récit trois moments forts du séjour qui resteront pourtant gravés dans la mémoire des élèves et de leurs accompagnateurs : la montée en téléphérique au sommet de la Bastille, les « cours du soir » de mathématiques et de physique, au cours desquels élèves et professeurs se retrouvèrent à « faire cours » en pyjama ou presque et, dans un tout autre genre et une salle belle et électrique, le concert jazz de Manu Katché. Souvenirs uniques et réjouissants…